Bernard Drolet (5e dan)

Portrait de Bernard Drolet (5e dan)

Zone régionale: 

03 - Québec, Mauricie et Centre du Québec


Mes débuts au karaté remontent à l’automne de 1974 au cégep de Limoilou. J’avais 18 ans et j’étais désireux de pratiquer quelque chose de différent comme sport. À cette époque, les films de Bruce Lee faisaient fureur et, de plus, j’avais envie d’apprendre à me défendre si besoin. J’ai donc décidé de m’inscrire au judo et au karaté en même temps! Pendant une session, j’ai pratiqué ces deux arts martiaux pour finalement choisir le karaté, discipline dans laquelle je me retrouvais le plus. Mon premier instructeur fut Laurent Baril, que j’aime surnommer affectueusement le «Tazmanian Devil» du karaté. C’était une boule d’énergie qui faisait frémir tout le monde malgré sa petite taille! Son intensité m’a marqué à jamais et, encore aujourd’hui, j’aime me rappeler cette époque. Le besoin de m’entraîner à longueur d’année m’est toutefois apparu rapidement. C’est à cette période, que j’ai rencontré Roger Massicotte qui dirigeait le Club de karaté de Québec. L’imagination, la créativité et la recherche constante dans l’entraînement décrivent bien cet instructeur qui en a marqué plus d’un dans la grande région de Québec. C’est dans son dojo que j’ai attrapé la piqûre du karaté pour la vie.

Pour plusieurs, l’examen de la ceinture noire est une étape importante dans la vie d’un karatéka. Lorsque l’on s’entraîne régulièrement, il vient un moment où l’on réalise que c’est à notre portée. Pour ma part, la réussite s’est concrétisée à ma deuxième tentative en 1980 devant Sensei Okazaki. Ce qu’il y a d’intéressant dans les examens de karaté c’est qu’il y a pas vraiment d’échec. Que des reprises, plus ou moins longues selon les aspects à améliorer. C’est ça la voie du karaté, toujours chercher à s’améliorer. Pour qui la persévérance est une qualité, rien n’est alors impossible à atteindre.

En 1982, dans un scénario semblable, j’ai obtenu le grade de Nidan (2e dan) encore devant Sensei Okazaki, en même temps que Gilles Périard, l’actuel instructeur du cégep de Sainte-Foy. Après quelques années d’enseignement et plusieurs participations à des compétitions, j’ai décidé de prendre une petite pause lors de la naissance de mon deuxième enfant en 1986 afin d’être plus présent à la maison. J’ai toutefois gardé la forme et dès 1990, j’ai repris l’entraînement avec Roger Massicotte puis ensuite à Sainte-Foy avec mon ami Gilles, alors devenu troisième dan. À ma plus grande joie, et à leurs demandes, mes enfants ont débuté la pratique du karaté vers 1994-95. Ma fille a obtenu sa ceinture noire et mon fils, son 2e kyu (avant-dernière étape avant l’obtention de la ceinture noire).

Je me suis toujours entraîné par plaisir. Encore aujourd’hui, lorsque l’on me demande pourquoi je fais du karaté, je réponds « pour le plaisir! » C’est particulièrement le cas depuis les années 90. M’ayant volontairement écarté des passages de grades après 1982, j’ai décidé en 2000 de reprendre la route des examens et de la compétition. À l’été, je me suis présenté pour mon troisième dan. Le verdict fut une reprise dans les six mois suivants. Pas de problème sauf que malheureusement, une vilaine blessure au genou, suivie d’une opération m’a empêché de compléter ce passage de grade dans l’année qui suivie. Comble de malheur, j’ai dû me faire opérer à l’autre genou par la suite si bien qu’après toutes ces blessures je n’ai pu franchir cette étape avec succès qu’en juin 2007 devant Sensei Yaguchi. Mais la persévérance mène à tout. La preuve, j’ai obtenu mon grade de Yondan (4e dan) en juin 2010 devant Sensei Okazaki et Sensei Won A Tai. J’ai d’ailleurs bien l’intention de poursuivre mon cheminement vers un 5e dan même si cela m’amènera dans la soixantaine! Pourquoi pas, le karaté nous garde si jeune de corps et d’esprit!

Parallèlement à mes entraînements au cégep de Sainte-Foy, je m’entraîne également régulièrement avec mes anciens instructeurs ainsi que plusieurs karatékas qui ont débuté cet art aussi loin que les années 60. C’est un pur plaisir de se revoir et de partager nos connaissances. Ces contacts humains privilégiés sont un exemple de la notion de loyauté et de respect qui, à mon avis, chapeaute à merveille les notions de confiance en soi, de discipline et de bienfaits physiques qui caractérisent si bien les arts martiaux. Je souhaite à tous de vivre cela un jour!

Bernard Drolet
Godan, AKJQ