Jocelyne Desgagné (4e dan)

Portrait de Jocelyne Desgagné (4e dan)

Zone régionale: 

03 - Québec, Mauricie et Centre du Québec


L'attirance vers les arts martiaux m'est venue très jeune.  J'avais 9 ans, lorsque pour suivre les pas de ma grande sœur Sylvie, je m’inscris à des cours de Kung Fu avec Steve Morneau à Bonaventure.  J'ai un souvenir de moi, vêtue d'un costume noir avec une ceinture blanche en satin, participant à une démonstration dans un bar!  C'était l'époque!  Mon réel contact avec le karaté Shotokan s’est fait en 1979, à l'âge de 14 ans à Sept-Îles.  Ma grande amie Christiane Deschênes et moi, faisons partie du premier groupe d'enfants avec l’instructeur Rémi Girard.  Le club devient rapidement  ma deuxième famille et le karaté, une grande passion qui me mènera au bout du monde.
 
Fière compétitrice dès ma ceinture jaune, je participe à mon premier championnat provincial. C’est en 1983, alors ceinture marron, que je représente pour la première fois la province de Québec au championnat canadien à Ottawa.  Entre 1984 et 1998, le statut de membre de l'équipe canadienne m'amène à participer à près d'une dizaine de compétitions internationales autant en kata qu'en combat.  Parmi mes meilleures performances à ce niveau, je compte : une première place en kata équipe avec Christiane Deschênes et Manon Bernard au championnat Panaméricain d’ISKF de 1991 à Valencia au Vénézuela, une 6e place en kata individuel à la Shotocup de Philadelphie en 1994, une 3e place en combat individuel au championnat Panaméricain d’ISKF en 1995 en Jamaïque, et, je suis parmi les 12 finalistes en kata individuel à la Shotocup de 1992, à Tokyo.  Parallèlement à mes activités de compétitrice au sein d’ISKF, je suis membre également de l'équipe canadienne de l'ITKF qui m'amène à participer sur le circuit de la WUKO .  En 1992, je m'entraîne au Japon en compagnie de deux femmes de Vancouver, les sœurs Ling, pour notre préparation à  la Coupe du Monde Féminine de Karaté à Fukuoka.  Une compétition impressionnante, regroupant tous les styles traditionnels et où l'on compte près de 200 compétitrices, uniquement des femmes ceintures noires en provenance de partout dans le monde.
 
Le karaté m'a fait découvrir le monde, en parcourant plusieurs pays d'Europe, d'Asie et d'Amérique. Par-delà tous ces voyages, le karaté m'a permis de développer des amitiés avec des gens merveilleux, que je côtoie encore aujourd'hui.  En 1997, l'AKJQ célèbre ses 20 ans d'existence et me décerne le trophée de la meilleure compétitrice des 2 dernières décennies.  Un honneur que j'accepte avec humilité, car pour moi, le karaté contribue tellement à mon développement personnel et à rendre ma vie extraordinaire, que j'ai simplement l'impression que c'est moi qui doit décerner un prix à la vie.  En 1998, je termine ma carrière de compétitrice en participant à la Shotocup de Paris en France, j'avais alors 33 ans.
 
J'ai fréquenté plusieurs dojos et j'ai eu la chance d'être entraînée par de grands karatékas.  En quittant Sept-Îles  pour Québec en 1985, c'est Roger Massicotte au Cégep de Limoilou ainsi que Jean Lachance à Sainte-Foy qui m'enseignent.  Ensuite, je fais un séjour d'un an à La Sarre en Abitibi, où je me joins au club de Wado Ryu de Jean-Marc Royer, à défaut d'y trouver un club de Shotokan.  J'y suis accueillie chaleureusement!  En 1986, je reviens à Québec et je joins le Club de Karaté Québec Shotokan sous la supervision de Denis Houde.  En 1991, l'année où j'obtiens mon grade de sandan, la vie me transporte à Laval et c'est avec l'enseignement de Bryan Mathias que je continue de perfectionner l'art du karaté.  En 2004, je reviens à Québec au dojo de Denis Houde et j'y serai jusqu'en 2008, où deux hernies discales sévères mettent fin à ma carrière de karatéka.  Pendant plus de 4 ans, je rêve secrètement de revêtir à nouveau mon karatégi malgré les recommandations des médecins. À l'hiver 2012, je recommence tranquillement les entraînements dans mon salon.  Envers et contre tous, à l'automne 2012, je joins le Club de Karaté Shotokan de Sainte-Foy, où je m'entraîne aujourd'hui avec Gilles Périard. Depuis mon retour, une partie de moi a recommencé à vivre, comprenant très bien que la pratique du karaté est une discipline, un art, un guide qui équilibre ma vie!
 
Jocelyne Desgagné
Yondan, AKJQ