Julie Rousseau (5e dan)

Portrait de Julie Rousseau (5e dan)

Zone régionale: 

02 - Laval, Laurentides, Lanaudière, Outaouais et Abitibi-Témiscamingue


C'est en janvier 1985, accompagnée d'amis, que je me suis inscrite à des cours de karaté au Cégep Montmorency à Laval. On venait de voir le film « Karate Kid », le premier. J'avais 14 ans. L'effervescence du film m'avait captée.

Quelques années plus tard, mes amis ont cessé. Pour ma part, je venais de trouver des gens qui, pour une fois, m'appréciaient, m'encourageaient et me respectaient. Vivant des années difficiles au secondaire, il n'en fallait pas plus pour que je poursuive. Mon sensei, Brian Mattias, imposait un respect égal à tous. Les valeurs du karaté nous étaient enseignées dès la ceinture blanche et cela correspondait à mes besoins.

Avec les années, j'ai réalisé que j'avais une force de caractère plus grande que je ne le croyais. En 1989, à l'âge de 18 ans, j'ai vécu un moment inoubliable pour un karatéka, c'est-à-dire, le passage de la ceinture noire 1er dan (shodan). Deux ans plus tard, j'ai passé mon nidan. Voulant parfaire mon art, en 1994, je suis allée m'entraîner au dojo de sensei James Field à Santa Monica en Californie. À mon retour, j'ai réussi l'examen de sandan (3e dan). Puisque j'avais adoré mon séjour, j'y suis retournée en 1996. Et je suis 4e dan depuis 2001.

Ayant dépassé mes limites à un certain moment, j'ai dû prendre un recul pour reprendre le contrôle de ma vie. Je savais très bien que j'allais effectuer un retour au karaté, car l'amitié des gens du dojo était un cadeau inouï dans ma vie. De plus, cette pause m'a fait réaliser qu'on peut perdre cet aura d'énergie qu'un karatéka dégage par les années d'entraînement et je me devais de la reprendre. Le karaté permet non seulement un entraînement physique et mental, mais entraîne également le cerveau à comprendre rapidement ce qui se passe autour de nous.

Mon expérience en karaté s'avère également pour moi une ressource inestimable dans mon travail en massothérapie, et mes clients en bénéficient quotidiennement. Le karaté m'apporte la confiance en mes moyens et en ma capacité de réussir plusieurs aspects de ma vie. Après toutes ces années, je sais que le karaté ne se limite pas seulement à l'entraînement dans le dojo, mais qu'il doit se transposer dans la vie de tous les jours.

Mon entraîneur, Brian Mattias, le même depuis mes débuts, voue un amour absolu à cet art martial qu'il s'applique à nous transmettre depuis tant d'années. Les liens d'amitié qui se sont créés au fil des années sont très forts, et je sais que nous pouvons compter sur les uns et les autres à tout moment.

Et comme m'a déjà écrit Normand Girard, mon partenaire d'entraînement aujourd'hui disparu : «Au Japon, la fleur du cerisier est toujours au rendez-vous, le printemps, malgré les hauts et les bas de l'hiver.» Une réflexion qui m'aide à continuer.

Julie Rousseau
Godan, AKJQ